Pêche : un projet de filets de pêche biodégradables pour une pêche durable

Le Smel de la Manche est l’un des centres qui apportent son expertise à la mise au point de filets biodégradables en mer au bout d’une « durée de vie contrôlée ». (©La Presse de la Manche)

Des filets biodégradables pour les pêcheurs, c’est ce que vise le projet de recherche européen Indigo, piloté par l’université Bretagne Sud et auquel participe un centre expérimental de la Manche, le Smel (Synergie mer et littoral), basé à Blainville-sur-Mer (Manche).

Le projet Indigo a pour objectif de réduire de 3 % les déchets plastiques en mer d’ici 2030.

Le Projet d’innovation INdIGO (INnovative fIshing Gear for Ocean) a été sélectionné en octobre dernier par le programme…

Publiée par SMEL – Synergie Mer Et Littoral sur Jeudi 12 décembre 2019

Recycler les déchets des pêcheurs

Lancé en février, le travail en est à ses balbutiements, précise Laurence Hégron-Macé, responsable du pôle Pêche du Smel

Le Smel va mener tout un travail d’investigation auprès des professionnels de la pêche et des ports de pêche pour mettre en évidence les plastiques utilisés et ceux qui génèrent le plus de déchets. En parallèle, nous allons également analyser comment améliorer la filière du recyclage, comment mieux collecter les déchets qui sont intéressants pour les industriels du recyclage et la plasturgie. »

Les études menées par le Smel vont aider à établir le cahier des charges pour la fabrication d’un nouveau matériau biodégradable tout en respectant les besoins des pêcheurs professionnels.

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Des filets en bioplastique

Le Smel interviendra aussi pour tester les filets en bioplastique en milieu naturel. Et il mettra à disposition son plateau technique où il étudie déjà les impacts des plastiques en mer sur le développement des espèces marines.

Morgan Deroiné, ingénieure de recherche à ComposiTIC, plateau technique de l’université de Bretagne Sud :

Quand on parle de bioplastiques, il faut différencier les plastiques biosourcés, d’origine naturelle, des plastiques biodégradables, que les micro-organismes vont transformer, de façon différente selon le milieu de fin de vie. L’innovation que nous voulons apporter est qu’un filet perdu en mer soit biodégradable en milieu marin. »

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Des filets fins et une appli

Deux types de filets, avec deux durées de vie différentes, sont au cœur des recherches menées, précisent conjointement Laurence Hégron Macé et Morgan Deroiné : des filets fins (il n’est pas question de chaluts), que les pêcheurs changent déjà tous les ans étant donné leur rapide usure, et les filets appelés « catins » que les mytiliculteurs déposent sur les bouchots (pieux d’élevage sur lesquels les moules font leur croissance).

Indigo vise la mise au point de filets fins biodégradables d’une durée de vie de deux à trois ans et de filets « catins » d’une durée de vie de six mois à un an, « biodégradables sur la période de culture », explique Morgan Deroiné, « afin qu’ils aient disparu au moment de la récolte des moules, ce qui facilitera la tâche ».

Le projet Indigo compte aussi avec le lancement d’une application, développée avec Ifremer, à destination du grand public pour signaler les engins de pêche repérés flottants ou échoués.

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